Des coupures électriques ciblées attendent les data centers d’intelligence artificielle aux États-Unis. PJM Interconnection, le plus grand réseau électrique du pays avec 67 millions de clients répartis de la Virginie à l’Illinois, a annoncé le 28 juillet 2026 qu’il pourra couper temporairement l’alimentation des installations les plus gourmandes en cas de pénurie énergétique, rapporte TechCrunch.

Une mesure ciblée sur les plus grosses installations

La règle ne concernera que les data centers d’au moins 50 mégawatts de puissance, et son entrée en vigueur est fixée à juin 2027 — laissant aux opérateurs environ un an pour s’adapter. L’objectif affiché par PJM est d’éviter des coupures généralisées de type blackout en cas de tension extrême sur le réseau, en sacrifiant en priorité les plus gros consommateurs plutôt que les foyers et les services essentiels.

Le contexte qui a poussé à cette décision est sans ambiguïté : les prix de gros de l’électricité sur le territoire couvert par PJM ont pratiquement doublé en un an, une flambée directement liée à l’explosion de la demande des centres de données d’IA. Selon les projections citées par TechCrunch, la consommation électrique de ces installations pourrait être multipliée par quatre d’ici 2035 par rapport à aujourd’hui.

Générateurs diesel : une solution de repli coûteuse et polluante

Face à ce risque de coupure, les opérateurs de data centers devront soit investir dans leurs propres sources d’énergie, soit s’appuyer sur des générateurs diesel de secours, autorisés à fonctionner jusqu’à 50 heures par an pour les interventions d’équilibrage du réseau. Cette solution de repli n’est pas neutre : un rapport cité dans l’article évoque des dommages sanitaires évalués à plusieurs dizaines de millions de dollars par an, rien que pour une installation de 96 mégawatts en Virginie du Nord, en raison de la pollution atmosphérique générée par ces groupes électrogènes.

Le prix caché de la course à l’IA

Cette décision de PJM illustre une tension de plus en plus visible entre l’expansion effrénée des infrastructures d’intelligence artificielle et la capacité des réseaux électriques existants à absorber cette demande sans faire porter le coût aux consommateurs résidentiels. Pour les géants du cloud et les développeurs de modèles qui multiplient les annonces de nouveaux data centers depuis 2025, la contrainte réglementaire s’ajoute désormais à la contrainte physique : construire des capacités de calcul ne suffit plus si l’énergie nécessaire pour les faire tourner n’est plus systématiquement garantie.

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