Les data centers Patagonie deviennent une réalité concrète : plusieurs projets d’infrastructure pour l’intelligence artificielle sont désormais engagés dans le sud de l’Argentine, selon une enquête de Reuters relayée le 8 septembre 2026 par The Decoder. Contrairement aux États-Unis, où les projets de centres de données se heurtent à une opposition locale croissante, l’Argentine n’a pour l’instant rencontré aucune résistance de ce type.

Deux projets déjà engagés

L’énergéticien argentin Pampa Energía prévoit une installation pouvant atteindre 500 mégawatts dans la province de Neuquén, avec des premiers contrats attendus d’ici la fin de l’année 2026. De son côté, le groupe polonais Green Capital doit démarrer avec 300 mégawatts dans la province du Chubut, avec une ambition d’expansion à long terme jusqu’à 3 000 mégawatts. OpenAI a par ailleurs annoncé en octobre un projet avec l’énergéticien local Sur Energy, dont les termes n’ont pas encore été signés.

Les besoins initiaux recherchés par les opérateurs se situent entre 20 et 40 mégawatts par site, avec un investissement dans la seule infrastructure réseau estimé à environ 900 millions de dollars.

Pourquoi l’Argentine, et pourquoi maintenant

Reuters souligne un facteur clé : le pays ne dispose pour l’instant que de très peu de grandes installations informatiques, ce qui explique l’absence d’opposition organisée jusqu’à présent — à la différence des mobilisations observées autour de projets similaires aux États-Unis, souvent liées à la consommation d’eau et d’électricité. La Patagonie offre par ailleurs un potentiel énergétique important, notamment éolien, qui attire les opérateurs à la recherche de capacités bon marché.

Des points de friction existent toutefois. Des familles autochtones mapuches vivant près de la centrale de Loma de la Lata ont déjà été impliquées dans des conflits fonciers antérieurs, et l’infrastructure électrique locale, tout comme les câbles sous-marins nécessaires à la connectivité internationale, restent largement à développer. La stabilité politique du pays après les élections de 2027 est également citée comme un facteur d’incertitude pour ces investissements de long terme.

Un nouveau front dans la géographie de l’IA

Cette expansion illustre une tendance plus large : à mesure que les sites traditionnels se saturent ou deviennent politiquement sensibles, les opérateurs de data centers IA cherchent de nouvelles régions offrant à la fois de l’espace, de l’énergie disponible et un cadre réglementaire encore peu contraignant. L’Amérique du Sud, et la Patagonie en particulier, s’ajoute ainsi à une liste de destinations émergentes pour l’infrastructure de calcul mondiale. Les détails complets de l’enquête sont disponibles sur The Decoder.

Quelles entreprises construisent des data centers en Patagonie ?

Pampa Energía (jusqu’à 500 mégawatts dans la province de Neuquén) et Green Capital (300 mégawatts dans le Chubut, avec une expansion visée à 3 000 mégawatts) ont des projets engagés. OpenAI a aussi annoncé un projet avec Sur Energy, non encore signé.

Pourquoi n’y a-t-il pas d’opposition locale en Argentine ?

Selon Reuters, le pays dispose de très peu de grandes installations informatiques jusqu’à présent, ce qui explique l’absence de mobilisation organisée contre ces projets, contrairement à la situation observée aux États-Unis.

Quel est le montant des investissements annoncés ?

L’infrastructure réseau seule est estimée à environ 900 millions de dollars, pour des capacités initiales recherchées de 20 à 40 mégawatts par site.

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