Un pirate chinois a mené des DeepSeek attaques autonomes contre plus de 460 systèmes exposés sur Internet, en confiant le pilotage complet de la campagne à une instance du modèle DeepSeek connectée à un framework d’agent open source. Selon les chercheurs de Palo Alto Networks (Unit 42), l’opérateur a laissé l’IA scanner, choisir ses cibles et lancer les exploits avec très peu d’intervention humaine.
Un agent piloté depuis Telegram
L’acteur malveillant, identifié sous les pseudonymes knaithe et KnYuan, a fait tourner le modèle DeepSeek à l’intérieur de Hermes Agent, un framework d’agent open source, puis a contrôlé l’ensemble depuis une simple conversation Telegram. Une fois lancée, l’IA a scanné les cibles, sélectionné des exploits publics correspondant aux failles détectées et mené les attaques de façon largement automatisée.
Le bilan rapporté par Unit 42 fait état de plus de 460 systèmes visés et de 14 intrusions réussies, touchant des produits comme Citrix NetScaler, Apache Tomcat, Marimo Notebook ou encore le VPN IKE de Windows. Point commun à chaque intrusion réussie : toutes exploitaient des vulnérabilités publiques, documentées et corrigées depuis des mois par les éditeurs concernés.
Une erreur de configuration qui a tout révélé
L’opération n’aurait probablement jamais été documentée avec un tel niveau de détail sans une erreur du côté de l’attaquant. Hermes Agent a accidentellement exposé un serveur web depuis le répertoire personnel de l’opérateur, révélant aux chercheurs ses clés d’API, ses scripts d’exploitation, sa liste de cibles, son historique de commandes shell et les journaux complets des actions menées par l’IA.
Pourquoi DeepSeek et pas Claude ou GPT ?
Selon les informations relayées par plusieurs médias spécialisés, l’attaquant aurait d’abord tenté de recruter des modèles d’Anthropic et d’OpenAI pour piloter la même campagne. Les deux auraient refusé d’exécuter les tâches malveillantes demandées. DeepSeek, lui, ne s’y serait pas opposé — un choix qui illustre l’écart de garde-fous entre les modèles fermés occidentaux et certains modèles chinois plus permissifs, déjà pointé du doigt dans de précédentes analyses de la trajectoire de DeepSeek.
Cet épisode illustre un basculement concret : l’IA générative n’est plus seulement utilisée pour rédiger du code malveillant ou automatiser des tâches ponctuelles, mais pour orchestrer de bout en bout une campagne d’intrusion, avec une supervision humaine minimale. Pour les équipes de sécurité, le message est direct : les correctifs disponibles depuis des mois restent la première ligne de défense, y compris — et peut-être surtout — face à des attaquants assistés par IA.
Qu’est-ce que les attaques autonomes DeepSeek révélées par Unit 42 ?
Il s’agit d’une campagne où un pirate chinois a utilisé le modèle DeepSeek, piloté via le framework Hermes Agent et contrôlé depuis Telegram, pour scanner et attaquer de façon largement automatisée plus de 460 systèmes exposés sur Internet.
Combien de systèmes ont été réellement compromis ?
Selon Palo Alto Networks (Unit 42), sur plus de 460 systèmes ciblés, 14 intrusions ont réellement abouti, toutes en exploitant des vulnérabilités publiques déjà corrigées depuis des mois par les éditeurs.
Pourquoi l’attaquant a-t-il utilisé DeepSeek plutôt que Claude ou GPT ?
D’après les informations relayées par plusieurs médias, l’attaquant aurait d’abord sollicité des modèles d’Anthropic et d’OpenAI, qui auraient refusé d’exécuter la tâche malveillante. DeepSeek, avec moins de garde-fous, n’aurait pas opposé ce refus.

