Les élèves utilisant l’IA pour leurs devoirs obtiennent en moyenne de moins bons résultats scolaires que ceux qui s’en passent, selon les données inédites de l’étude PISA de l’OCDE publiées le 9 septembre 2026 et relayées par The Verge. Premier grand rapport international mené depuis que l’usage de l’intelligence artificielle est devenu massif chez les adolescents, il porte sur plus de 760 000 élèves de 15 ans dans 91 pays, et nuance aussitôt son propre constat : la fréquence et le type d’usage changent tout.

Une baisse de niveau, mais pas partout ni pour tous

Après ajustement du niveau socio-économique, les élèves qui n’utilisent jamais l’IA devancent globalement ceux qui y recourent en sciences. L’écart varie fortement selon l’usage : les élèves qui s’en servent pour des tâches ponctuelles — résumer un texte à lire ou rédiger un devoir à leur place — affichent la plus forte baisse de performance, tandis que ceux qui l’utilisent pour des recherches préliminaires ou plus largement pour « m’aider à apprendre » voient un recul bien plus limité.

La fréquence d’usage joue également un rôle marqué : ce sont les élèves qui utilisent l’IA une ou deux fois par an, tout comme ceux qui l’utilisent quotidiennement, qui obtiennent les moins bons résultats. Un usage hebdomadaire ou mensuel se révèle en comparaison nettement moins pénalisant.

Quand l’IA devient un vrai atout

Le rapport identifie un cas de figure où l’usage de l’IA profite réellement aux élèves : ceux qui s’en servent chaque semaine pour apprendre de façon générale surpassent légèrement les non-utilisateurs. Cet avantage se creuse nettement chez les élèves régulièrement entraînés à évaluer de façon critique la qualité des réponses générées par l’IA : dans ce groupe, tous les usagers réguliers dépassent les non-utilisateurs. Les auteurs de l’étude en concluent qu’un « usage modéré et intentionnel de l’IA pour les devoirs et l’apprentissage » peut avoir des effets positifs.

Andreas Schleicher, directeur de l’éducation et des compétences à l’OCDE, résume ainsi le constat : « De la même façon qu’on ne se muscle pas en regardant du sport mais en en faisant, l’apprentissage ne se produit pas par la consommation de contenu, mais par un effort cognitif productif de l’esprit face à une matière nouvelle. Là où la technologie permet ou renforce cet effort, les élèves progressent. Là où elle court-circuite cet effort productif d’apprentissage, elle nuit à leur développement. »

L’étude relève enfin une nette fracture d’accès : l’usage de l’IA est plus répandu chez les élèves issus de milieux favorisés, probablement du fait d’un meilleur accès au matériel, à une connexion stable et aux outils payants. Les écarts entre pays sont considérables — plus de 95 % des élèves vietnamiens déclarent utiliser des outils d’IA, contre 60 % seulement au Japon. Autre donnée notable : la curiosité des élèves augmente avec l’usage de l’IA, un niveau maximal étant observé chez les utilisateurs quotidiens, sans que cela se traduise pour l’instant par de meilleures notes.

Une photographie qui arrive au bon moment

Cette édition du PISA, basée sur des données collectées en 2025, teste les élèves de 15 ans en sciences, mathématiques et lecture tous les quelques années. Sa publication intervient alors que plusieurs pays, dont certains États américains, débattent de restrictions sur l’usage de l’IA à l’école, et qu’elle fournit pour la première fois une base chiffrée à grande échelle plutôt que des impressions isolées d’enseignants.

Que révèle l’étude PISA sur les élèves utilisant l’IA ?

Après ajustement du niveau socio-économique, les élèves qui n’utilisent jamais l’IA obtiennent globalement de meilleurs résultats en sciences que ceux qui l’utilisent, mais l’écart dépend fortement du type et de la fréquence d’usage.

L’usage de l’IA peut-il améliorer les résultats scolaires ?

Oui, chez les élèves qui l’utilisent chaque semaine pour apprendre de façon générale et qui sont entraînés à évaluer la qualité des réponses de l’IA de façon critique, les résultats dépassent ceux des non-utilisateurs.

Sur quelles données repose cette étude PISA ?

Elle s’appuie sur des données collectées en 2025 auprès de plus de 760 000 élèves de 15 ans dans 91 pays, testés en sciences, mathématiques et lecture par l’OCDE.

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