Une enquête DeepSeek Moonshot aurait été ouverte par l’Administration du cyberespace de Chine (CAC), selon The Information, dont l’information a été reprise le 22 septembre 2026 par Bloomberg et Gizmodo. Le régulateur chercherait à savoir si des données sensibles d’utilisateurs chinois ont atterri chez l’américain Anthropic, après que ce dernier a accusé les deux laboratoires d’avoir routé en masse des requêtes vers Claude. Ni DeepSeek ni Moonshot AI n’ont commenté publiquement.

Ce qu’Anthropic reproche aux deux laboratoires

Tout part du rapport de menace publié par Anthropic en septembre, intitulé « Detecting and countering misuse of AI » (154 pages). D’après Gizmodo, Anthropic y affirme que :

  • Moonshot AI, l’éditeur de Kimi, aurait envoyé plus de 23 millions d’échanges à Claude entre mai et juillet ;
  • DeepSeek aurait transmis 12,1 millions de requêtes sur une période de 14 jours en juillet ;
  • les réponses auraient ensuite servi de données d’entraînement, une pratique appelée distillation.

Anthropic décrit un accès passant par des réseaux de proxys et des comptes frauduleux. L’entreprise ajoute que les prompts contenaient des informations sensibles, provenant d’utilisateurs individuels, de multinationales et d’acteurs liés à l’État, dans une douzaine de langues.

Ce que chercherait le régulateur chinois

Le paradoxe est là : l’accusation américaine porte sur du détournement de modèle, mais Pékin s’intéresserait surtout à l’autre face du problème. Si les requêtes des utilisateurs de Kimi ou de DeepSeek ont été relayées vers Claude, leurs données ont de fait transité par les serveurs d’une entreprise américaine. Selon les informations relayées, la CAC aurait d’abord convoqué des représentants des sept laboratoires chinois cités dans le rapport d’Anthropic, avant de concentrer ses vérifications sur DeepSeek et Moonshot. Elle examinerait notamment si des données liées à la police, à l’armée ou à des entités étatiques ont pu être exposées.

Un calendrier diplomatique chargé

L’affaire tombe à la veille d’une rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping, où l’IA doit être à l’ordre du jour. Gizmodo avance que cette enquête pourrait servir de signal de bonne volonté réglementaire côté chinois. DeepSeek doit par ailleurs participer cette semaine à une réunion d’information du Conseil de sécurité de l’ONU sur les risques de l’IA, selon Reuters.

Pour les utilisateurs de modèles chinois, y compris ceux qui téléchargent les poids ouverts comme DeepSeek V4.1-Flash, l’affaire rappelle une distinction utile : un modèle exécuté en local ne pose pas les mêmes questions de circulation des données qu’une application grand public connectée à des serveurs distants.

Qui enquêterait sur DeepSeek et Moonshot AI ?

L’Administration du cyberespace de Chine (CAC), selon The Information, information reprise par Bloomberg et Gizmodo le 22 septembre 2026.

De quoi Anthropic accuse-t-il DeepSeek et Moonshot ?

D’avoir routé des millions de requêtes vers Claude via des proxys et des comptes frauduleux, puis d’avoir utilisé les réponses pour entraîner leurs modèles, selon son rapport de menace de septembre cité par Gizmodo.

DeepSeek et Moonshot ont-ils réagi ?

Aucune réponse publique des deux entreprises n’est mentionnée dans les articles de Gizmodo et de The Information à ce stade.

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