Un nouveau rapport officiel d’Interpol établit un lien entre l’IA cybercriminalité Afrique : l’intelligence artificielle serait désormais impliquée dans 55 % des cybercrimes signalés sur le continent, devenue selon l’organisation le « moteur opérationnel central » de la criminalité numérique. Le document de 40 pages s’appuie sur des données remontées par 36 pays membres africains.
Des pertes financières qui doublent en un an
Les pertes financières liées à ces cybercrimes assistés par IA sont passées de 192 millions à 484 millions de dollars, plus qu’un doublement en un an. Interpol y voit le signe d’un basculement structurel : la cybercriminalité ne serait plus une accumulation d’incidents isolés, mais un écosystème industrialisé et sans frontières, où l’IA automatise chaque étape d’une attaque — du repérage initial des cibles jusqu’à l’extorsion et l’évasion face aux systèmes de détection.
600 000 cas d’extorsion par deepfake
Le rapport recense environ 600 000 cas d’extorsion numérique impliquant des deepfakes. Le mode opératoire décrit par Interpol est précis : des criminels génèrent de fausses images intimes à partir de photographies récupérées sur les réseaux sociaux des victimes, avant d’exiger un paiement sous la menace de leur diffusion. L’IA sert aussi à créer des identités synthétiques capables de contourner certains systèmes de vérification biométrique, ouvrant la voie à des fraudes plus difficiles à détecter qu’auparavant.
Des menaces qui varient selon les régions
Interpol distingue des tendances régionales marquées : l’Afrique de l’Est se distingue par la fraude au mobile money et des ransomwares ciblant des infrastructures critiques, tandis que l’Afrique centrale et de l’Ouest concentrent une part importante des compromissions de messagerie professionnelle (business email compromise) et des arnaques sentimentales, visant aussi bien des entreprises que des particuliers.
Ce rapport s’ajoute à une série d’alertes similaires émises ailleurs dans le monde sur l’usage offensif de l’IA — dont la campagne d’attaques autonomes pilotée via DeepSeek révélée la même semaine. Pour Interpol, la réponse ne peut plus reposer uniquement sur des outils de détection : elle nécessite une coopération transfrontalière renforcée, faute de quoi l’écart entre la vitesse d’adoption offensive de l’IA et la capacité de réponse des forces de l’ordre continuera de se creuser.
Quelle est la part de l’IA dans la cybercriminalité en Afrique ?
Selon un rapport officiel d’Interpol basé sur les données de 36 pays membres africains, l’intelligence artificielle est impliquée dans 55 % des cybercrimes signalés sur le continent.
Combien de pertes financières l’IA cybercriminalité a-t-elle causé en Afrique ?
Les pertes financières liées aux cybercrimes assistés par IA sont passées de 192 à 484 millions de dollars en un an, selon Interpol.
Comment les deepfakes sont-ils utilisés dans ces cybercrimes ?
Interpol recense environ 600 000 cas d’extorsion où des criminels génèrent de fausses images intimes par deepfake à partir de photos issues des réseaux sociaux, avant d’exiger un paiement sous menace de diffusion.
