L’administration américaine pencherait pour des interdictions ciblées visant des modèles ouverts chinois précis plutôt qu’une restriction générale de toute la catégorie, selon des informations du New York Times relayées le 26 juillet 2026 par The Decoder. Une approche au cas par cas qui tranche avec les appels à un blocage global portés par une partie de l’industrie américaine.
Une lettre ouverte qui cache des positions divergentes
OpenAI et Google DeepMind ont signé une lettre ouverte s’opposant à une régulation généralisée des modèles ouverts, rejointe par de nombreuses entreprises technologiques ayant elles-mêmes des intérêts commerciaux dans l’IA open source — Microsoft et Google, notamment, revendent l’accès à des modèles ouverts via leurs propres plateformes.
Mais selon le New York Times, la réalité est plus nuancée en coulisses : Anthropic et OpenAI feraient discrètement pression pour restreindre spécifiquement les modèles ouverts chinois, alors même qu’OpenAI a signé la lettre s’opposant à ce type de restriction. Une contradiction apparente qui illustre les tensions entre discours public et intérêts commerciaux privés dans ce dossier.
Kimi K3 cité comme exemple
Le rapport mentionne le modèle chinois Kimi K3, de Moonshot AI, comme exemple de modèle qui « accuserait un retard important par rapport aux modèles occidentaux de pointe » sur les benchmarks de cybersécurité — un argument utilisé par certains acteurs pour minimiser le risque sécuritaire tout en défendant, par ailleurs, des restrictions ciblées.
Les modèles chinois ouverts exercent une pression tarifaire réelle sur les laboratoires occidentaux, ce qui alimente aussi le débat : certaines entreprises soutenant la lettre y voient un moyen de freiner la domination commerciale d’Anthropic et d’OpenAI, tandis que d’autres profitent justement de la revente de modèles chinois sur leurs plateformes.
Un dossier encore ouvert
Aucune décision officielle n’a été annoncée à ce stade : il s’agit d’une orientation rapportée par le New York Times, pas d’une politique actée. Le sujet s’inscrit dans la continuité des débats amorcés ces derniers jours autour de l’initiative « Open Weights and American AI Leadership », signée fin juillet par Microsoft, Meta, Nvidia, Hugging Face, Mistral et une vingtaine d’autres entreprises.
Source : The Decoder, citant le New York Times.
