Marc Andreessen rejoint officiellement la Réserve fédérale américaine (Fed) pour étudier l’impact de l’intelligence artificielle sur l’économie. Le président de la Fed, Kevin Warsh, a annoncé le 9 juillet 2026 la création d’un groupe de travail baptisé « Productivity and Jobs », coprésidé par le capital-risqueur, l’économiste de Stanford Charles I. Jones et la dirigeante de Microsoft Asha Sharma.
Une mission : mesurer si l’IA peut faire baisser l’inflation
Selon Kevin Warsh, l’intelligence artificielle pourrait constituer « une force désinflationniste significative » en dopant la productivité et en augmentant la production économique globale, ce qui allégerait à terme la pression sur les prix. Le groupe de travail doit précisément étudier comment cette technologie transforme les moteurs traditionnels de l’économie américaine, et si les modèles de prévision de la banque centrale doivent en tenir compte.
Marc Andreessen, cofondateur du fonds Andreessen Horowitz (a16z), l’un des plus gros investisseurs mondiaux dans les start-up d’IA, apporte à ce groupe sa connaissance directe de l’écosystème technologique. Son co-président, Charles I. Jones, est un économiste reconnu pour ses travaux sur la croissance et l’innovation, tandis qu’Asha Sharma dirige les produits d’intelligence artificielle chez Microsoft.
Un pari risqué, entre productivité et surchauffe
La thèse défendue par Kevin Warsh n’est pas consensuelle en interne. Plusieurs responsables de la Fed, dont la gouverneure Michael Barr, restent sceptiques quant à l’idée que les gains de productivité liés à l’IA justifient à eux seuls un assouplissement de la politique monétaire. D’autres économistes redoutent au contraire un effet inverse à court terme : la construction massive d’infrastructures d’IA (centres de données, puces, énergie) pourrait faire grimper la demande en capital et en ressources avant que les gains de productivité ne se matérialisent, créant ainsi une pression inflationniste supplémentaire.
Des conflits d’intérêts pointés du doigt
La nomination de Marc Andreessen à ce poste consultatif suscite déjà des critiques. Andreessen Horowitz a massivement investi dans des entreprises d’intelligence artificielle, ce qui alimente les interrogations sur d’éventuels conflits d’intérêts au sein d’un organe censé évaluer objectivement l’impact économique de cette même technologie. Ni la Fed ni Marc Andreessen n’ont pour l’instant détaillé les garde-fous mis en place pour encadrer cette double casquette d’investisseur et de conseiller.
Cette initiative illustre à quel point l’intelligence artificielle s’invite désormais jusque dans les arbitrages de politique monétaire des plus grandes banques centrales du monde, bien au-delà des seuls débats technologiques. Plus de détails sont attendus dans les prochaines semaines sur le calendrier de travail du groupe et ses premières conclusions, via The Decoder.
Pourquoi la Fed s’intéresse-t-elle à l’intelligence artificielle ?
Le président de la Fed, Kevin Warsh, estime que l’IA pourrait augmenter la productivité et freiner l’inflation à long terme, d’où la création d’un groupe de travail dédié pour étudier cet impact.
Quel est le rôle de Marc Andreessen dans ce groupe de travail ?
Marc Andreessen est l’un des trois coprésidents du groupe « Productivity and Jobs », chargé d’analyser comment l’intelligence artificielle transforme l’économie américaine et les prévisions de la banque centrale.
Quelles critiques suscite cette nomination ?
Certains pointent un possible conflit d’intérêts, Andreessen Horowitz ayant massivement investi dans des start-up d’IA, tandis que d’autres responsables de la Fed doutent que l’IA justifie un assouplissement monétaire.
