Le mathématicien canadien Jacob Tsimerman, spécialiste de théorie des nombres à l’Université de Toronto et récemment récompensé par la médaille Fields, a rejoint OpenAI en août 2026 pour travailler sur la sécurité de l’intelligence artificielle. Cette arrivée, révélée par le Wall Street Journal, intervient un an après la publication par le chercheur d’un article consacré aux scénarios d’extinction humaine liés à l’IA.

Un article sur l’extinction humaine avant l’embauche

En 2025, Tsimerman a publié un travail décrivant ce qu’il appelle des « omnicide events » — des scénarios dans lesquels le développement de l’intelligence artificielle pourrait contribuer à l’extinction de l’humanité. Le document, disponible sur arXiv, ne relève pas de la science-fiction pour son auteur : il s’agit d’une tentative de formaliser mathématiquement des risques que la communauté de la sécurité IA discute surtout en termes qualitatifs.

C’est ce travail qui semble avoir attiré l’attention d’OpenAI, dans un contexte où le laboratoire multiplie les recrutements de profils scientifiques de haut niveau pour ses équipes de sécurité, quelques jours seulement après avoir ralenti le développement de son modèle Astra pour des raisons similaires.

Pourquoi un théoricien des nombres et pas un chercheur en IA

Interrogé sur sa décision, Tsimerman a expliqué que l’IA est selon lui « une technologie extrêmement transformatrice » qui nécessite de consacrer « beaucoup plus d’efforts à la sécurité ». Son argument central : les garanties de sécurité en IA reposent aujourd’hui presque exclusivement sur des observations empiriques, sans les preuves formelles auxquelles les mathématiciens sont habitués. Il estime que sa discipline peut combler une partie de ce vide.

Le chercheur va plus loin en avançant que l’IA « surpassera bientôt les humains en recherche mathématique » — un pronostic qui rejoint les propos tenus ces derniers mois par Demis Hassabis, cofondateur de DeepMind, sur les progrès rapides des modèles dans la résolution de problèmes mathématiques avancés.

Ce que l’on ne sait pas encore

L’intitulé exact du poste de Tsimerman chez OpenAI n’a pas été précisé, et le laboratoire n’a fait aucune déclaration officielle sur ce recrutement. L’information repose pour l’instant sur les révélations du Wall Street Journal, reprises et détaillées par The Decoder.

Ce type d’embauche illustre une tendance de fond chez les grands laboratoires : recruter des scientifiques reconnus dans des disciplines a priori éloignées du machine learning — mathématiques pures, physique théorique — pour renforcer à la fois les capacités des modèles et les garde-fous censés les encadrer.

Qui est Jacob Tsimerman ?

Un mathématicien canadien de l’Université de Toronto, spécialiste de théorie des nombres, récemment récompensé par la médaille Fields, la plus haute distinction en mathématiques.

Quel est son rôle chez OpenAI ?

Il travaille sur la sécurité de l’intelligence artificielle. Il estime que les mathématiciens peuvent apporter des garanties plus solides que les approches empiriques actuellement dominantes dans ce domaine.

Que sont les « omnicide events » qu’il a étudiés ?

Ce sont des scénarios, décrits dans un article publié en 2025, où le développement de l’IA pourrait contribuer à l’extinction de l’humanité — un sujet qui semble avoir pesé dans sa décision de rejoindre un laboratoire d’IA.

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