Neill Blomkamp, réalisateur de District 9, vient de dévoiler Nightborne, un court-métrage IA de treize minutes entièrement généré avec le modèle vidéo Seedance 2.0. Le film a été dirigé plan par plan à travers des prompts textuels, dans un style documentaire, et marque une étape pour un cinéaste qui fonde désormais son travail sur la génération vidéo par IA.
Un pilote disparu, une armée de morts rappelés au combat
Nightborne suit un pilote américain que l’on croyait mort, mêlé à une initiative militaire clandestine visant à ramener au combat des soldats tombés au champ de bataille. Un scénario de science-fiction horrifique classique chez Blomkamp, mais une exécution radicalement différente : le film incorpore les visages et voix de 32 personnes réelles sous licence, tandis que des artistes humains ont conçu les éléments visuels de base repris ensuite par le modèle.
Barley Studios, un studio pensé pour l’IA
Pour porter ce projet, Blomkamp a fondé Barley Studios, qui prend la suite de sa société de production traditionnelle Oats Studios. Sur les réseaux sociaux, le réalisateur a annoncé vouloir prolonger cette méthode vers un long-métrage complet, confirmant que Nightborne fonctionne comme une preuve de concept plutôt qu’un one-shot.
Un secteur encore réticent
L’initiative de Blomkamp tranche avec la prudence qui domine encore l’industrie du cinéma vis-à-vis de l’IA générative. Les inquiétudes portent sur l’utilisation de données d’entraînement non autorisées, l’impact sur l’emploi, les questions de droits d’auteur et la qualité perçue des rendus. Le fait qu’un réalisateur reconnu s’engage publiquement sur ce terrain, avec un studio dédié et un projet de long-métrage annoncé, pourrait néanmoins peser dans la manière dont Hollywood envisage ces outils dans les mois qui viennent.
Source : The Decoder
