Pentagone Anthropic : une juge fédérale américaine a jugé illégale et sans fondement la campagne de représailles menée par le Département de la Défense contre l’entreprise d’intelligence artificielle. Dans une décision de 59 pages rendue le 27 août 2026, la juge Rita Lin bloque provisoirement la désignation d’Anthropic comme « risque de chaîne d’approvisionnement » et suspend l’ordre présidentiel imposant aux agences fédérales de cesser d’utiliser Claude.
Un conflit ouvert depuis février
Tout commence en février 2026, quand le président Donald Trump et le secrétaire à la Défense Pete Hegseth accusent publiquement Anthropic de menacer la sécurité nationale. L’entreprise est alors classée comme risque pour la chaîne d’approvisionnement fédérale. En cause : le refus d’Anthropic d’assouplir les garde-fous de Claude pour permettre son usage dans la surveillance de masse ou le pilotage d’armes autonomes, deux usages que l’entreprise interdit explicitement dans ses conditions d’utilisation.
Face à ce qu’elle qualifie de « campagne de représailles illégale », Anthropic porte l’affaire devant la justice fédérale dès mars 2026. L’entreprise affirme que la sanction ne vise pas un véritable risque de sécurité, mais sa position critique vis-à-vis de l’administration.
Ce que dit le jugement
Dans sa décision, la juge Rita Lin — nommée par le président Biden — tranche sans ambiguïté : ni la Constitution ni le texte fédéral invoqué par le gouvernement ne l’autorisent à « imposer des pénalités massives fondées principalement sur la critique par Anthropic des positions de l’administration ». Elle va plus loin en estimant que les mesures visaient à « faire un exemple public d’Anthropic » pour son « arrogance » à avoir critiqué le gouvernement.
La portée de la décision reste toutefois circonscrite. Elle bloque, à titre provisoire, l’application de la désignation « risque de chaîne d’approvisionnement » ainsi que l’ordre présidentiel demandant aux agences fédérales d’abandonner Claude. Une seconde procédure, plus étroite et portant sur une règle distincte utilisée par le Pentagone, reste pendante devant la cour d’appel fédérale de Washington (D.C. Circuit).
Réactions et suite de la procédure
Anthropic a réagi en indiquant accueillir favorablement le jugement et rester concentrée sur « une collaboration productive avec le gouvernement ». La Maison-Blanche, sollicitée par la presse américaine, n’a pour l’instant pas répondu. Le gouvernement devrait faire appel de la décision, selon plusieurs médias américains, dont NPR et The Hill.
Cette affaire dépasse le seul cas d’Anthropic : elle pose la question de la marge de manœuvre dont dispose une administration pour sanctionner une entreprise technologique au nom de la sécurité nationale, lorsque cette dernière refuse de lever ses propres garde-fous éthiques. Retrouvez le détail de la procédure sur WTOP.
Pourquoi le Pentagone a-t-il sanctionné Anthropic ?
En février 2026, le Pentagone a désigné Anthropic comme risque pour la chaîne d’approvisionnement après le refus de l’entreprise d’assouplir les garde-fous de Claude pour la surveillance de masse ou les armes autonomes.
Que décide exactement la juge Rita Lin ?
Elle juge illégale la sanction du Pentagone, estimant qu’elle visait à punir Anthropic pour sa critique de l’administration plutôt qu’un réel risque de sécurité, et bloque provisoirement la désignation ainsi que l’interdiction d’usage de Claude par les agences fédérales.
L’affaire est-elle définitivement close ?
Non. Le gouvernement devrait faire appel, et une seconde procédure distincte concernant une autre règle du Pentagone reste pendante devant la cour d’appel fédérale de Washington.
