Une chercheuse du MIT a délégué une partie de ses expériences de calcul quantique à GPT-5.6 Sol, le modèle d’OpenAI intégré à l’outil Codex, selon un billet publié le 8 septembre 2026 sur le blog officiel d’OpenAI. L’IA a piloté seule la caractérisation d’une puce à six qubits supraconducteurs, du choix des mesures jusqu’à l’analyse des résultats, avec 90 % des mesures réussies sans aide humaine.
Un agent IA aux commandes du laboratoire
Beatriz Yankelevich, doctorante au sein du groupe Engineering Quantum Systems (EQuS) du MIT, a utilisé GPT-5.6 Sol via Codex pour tester si une IA pouvait fluidifier son flux de travail expérimental. L’agent a sélectionné les réglages de mesure, actionné le matériel de laboratoire, analysé les données produites et décidé lui-même des étapes suivantes, sur une puce comportant quatre qubits à fréquence fixe, deux qubits accordables et six résonateurs de lecture.
Sur les quatre qubits à fréquence fixe, l’agent a exécuté 40 mesures cibles et n’a eu besoin d’une intervention humaine que pour corriger 4 d’entre elles. Lors d’une boucle de fonctionnement non supervisée de 12 heures, il a par ailleurs enchaîné 200 mesures. Parmi les résultats obtenus figurent un temps de relaxation énergétique de 32,1 microsecondes pour le premier qubit, ainsi que des temps de cohérence de 59,27 et 60,37 microsecondes.
Des limites bien identifiées
OpenAI et la chercheuse reconnaissent que l’autonomie de l’agent recule dès que les signaux deviennent faibles ou bruités. Face à une ambiguïté physique, GPT-5.6 Sol met parfois plus de temps à choisir une mesure pertinente, et reste incapable de diagnostiquer seul un problème matériel inédit sur la puce. Caractériser des qubits à fréquence fixe prend normalement environ une journée à un chercheur expérimenté, contre près d’une semaine pour des qubits accordables, plus complexes à régler.
Yankelevich résume l’intérêt de la méthode : elle peut désormais faire tourner plusieurs agents en parallèle sur des problèmes distincts, et concentrer son propre temps sur le travail de plus haut niveau plutôt que sur les mesures répétitives.
Un assistant de laboratoire, pas un substitut
Caractériser une seule puce quantique standard peut aujourd’hui occuper un chercheur pendant plusieurs jours, un goulot d’étranglement connu dans les laboratoires d’informatique quantique. En automatisant les mesures répétitives tout en laissant les cas ambigus à l’humain, OpenAI positionne GPT-5.6 Sol comme un assistant de laboratoire plutôt que comme un remplaçant des chercheurs. L’expérience reste circonscrite à une seule puce du MIT, mais elle illustre un usage concret des agents IA en dehors de l’informatique classique.
Pourquoi ce cas d’usage intéresse au-delà du MIT
Les laboratoires de physique expérimentale manquent chroniquement de personnel qualifié pour effectuer les mesures répétitives qui précèdent chaque nouvelle expérience. En déléguant cette phase à un agent IA capable d’agir directement sur le matériel de laboratoire – et non plus seulement sur du texte ou du code – OpenAI ouvre la voie à d’autres usages scientifiques de Codex, au-delà du développement logiciel pour lequel l’outil a d’abord été conçu. Le fait que l’expérience ait été initiée par une doctorante, et non par une équipe de recherche interne à OpenAI, illustre aussi la facilité d’accès à ce type d’agent pour des équipes académiques aux moyens limités.
Le détail complet de l’expérience est disponible dans le billet officiel d’OpenAI.
GPT-5.6 Sol peut-il remplacer un chercheur en calcul quantique ?
Non. L’IA automatise les mesures répétitives et les cas où le signal est clair, mais elle reste incapable de diagnostiquer seule un problème matériel inédit ou d’interpréter une ambiguïté physique complexe.
Quels résultats concrets a obtenus l’agent au MIT ?
Sur 40 mesures cibles réalisées sur une puce à six qubits, l’agent n’a eu besoin d’une correction humaine que pour 4 d’entre elles, et a enchaîné 200 mesures lors d’une boucle non supervisée de 12 heures.
Qui a mené cette expérience de calcul quantique ?
Beatriz Yankelevich, doctorante au sein du groupe Engineering Quantum Systems (EQuS) du MIT, a testé GPT-5.6 Sol via l’outil Codex d’OpenAI sur une puce à qubits supraconducteurs.

