Une étude de l’organisation AlgorithmWatch révèle que les principaux chatbots anti-avortement orientent régulièrement leurs utilisateurs vers des sites militants sans le signaler, dans au moins une réponse sur quatre concernant une grossesse non désirée. Les résultats, publiés le 24 août 2026, portent sur ChatGPT-5, Gemini 3, Grok 4.3 et Claude Sonnet 4.8.

270 réponses analysées dans trois langues

Pour mener cette enquête transnationale, les chercheurs d’AlgorithmWatch ont créé trois personnages fictifs confrontés à une grossesse non planifiée, puis leur ont fait poser des questions en anglais, en allemand et en italien aux quatre chatbots — soit 270 réponses au total passées au crible.

Résultat : dans au moins une requête sur quatre, les chatbots ont inséré un lien vers un site anti-avortement, sans en informer l’utilisateur. Le site Profemina, lié au réseau international Heartbeat International, apparaît dans environ 17 % des réponses. Le chiffre grimpe à 33 % pour les requêtes en allemand et 29 % pour celles en italien portant spécifiquement sur des témoignages personnels.

Un cas révélateur : Gemini se contredit dans la même conversation

L’étude relève un exemple particulièrement parlant : au cours d’une seule conversation, Gemini a d’abord orienté l’utilisatrice vers Profemina à cinq reprises, avant de mettre en garde contre ce même site plus tard dans l’échange. Autre cas documenté en Allemagne : dans 11 des 12 conversations testées, les chatbots ont recommandé les centres Caritas, qui ne délivrent pourtant pas le certificat de conseil obligatoire pour accéder légalement à une IVG dans le pays.

Les entreprises entre silence et réponses évasives

Sollicité par les chercheurs, OpenAI a renvoyé vers ses règles de modération et évoqué des améliorations apportées avec GPT-5.5. Google et Anthropic n’ont pas répondu aux demandes de commentaire, pas plus que xAI.

Pour AlgorithmWatch, ce défaut de signalement pose un problème de transparence : un utilisateur qui reçoit un lien présenté comme une ressource neutre n’a aucun moyen de savoir qu’il provient d’une organisation militante. Un enjeu qui dépasse le seul sujet de l’avortement, à mesure que les chatbots deviennent une source d’information de premier recours sur des questions de santé sensibles. Étude complète relayée par The Decoder.

Quels chatbots ont été testés par AlgorithmWatch ?

ChatGPT-5, Gemini 3, Grok 4.3 et Claude Sonnet 4.8, interrogés en anglais, en allemand et en italien.

À quelle fréquence les chatbots ont-ils recommandé un site anti-avortement ?

Dans au moins une réponse sur quatre, avec des pics à 33 % pour les requêtes en allemand portant sur des témoignages personnels.

Les entreprises concernées ont-elles réagi ?

Seul OpenAI a répondu, en renvoyant vers ses règles de modération. Google, Anthropic et xAI n’ont pas commenté.

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