Un marché gris Claude s’est développé en Chine pour contourner le blocage géographique d’Anthropic, révèle une analyse publiée le 22 août 2026 par la chercheuse Zilan Qian, de l’Oxford China Policy Lab, sur le média ChinaTalk. Des « stations de transfert » permettent d’accéder aux modèles Claude à environ 10 % du prix officiel, sans carte bancaire étrangère ni VPN.

Comment fonctionnent les « stations de transfert »

Le mécanisme repose sur des proxys API hébergés hors de Chine. Ils acceptent les paiements en yuans via WeChat ou Alipay, relaient les requêtes vers l’API officielle d’Anthropic comme si elles étaient légitimes, puis renvoient les réponses aux utilisateurs chinois. Ce système contourne à la fois le géoblocage et l’obligation de posséder un moyen de paiement occidental.

Pour obtenir l’accès qu’ils revendent, les opérateurs de ce marché combinent plusieurs techniques : création massive de comptes Anthropic via des courtiers, exploitation des 5 dollars de crédit gratuit offerts aux nouveaux utilisateurs, détournement des réductions entreprise et éducation, ou partage d’un même abonnement Max à 200 dollars entre plusieurs personnes. Certains vont jusqu’à utiliser des cartes bancaires volées et de fausses pièces d’identité générées par IA, deepfakes compris, pour passer la vérification biométrique.

La « dilution » : quand Opus devient discrètement Sonnet

L’analyse pointe une pratique baptisée « dilution » : certains proxys redirigent en secret les requêtes destinées au modèle le plus coûteux, Claude Opus 4.7, vers des alternatives moins chères comme Sonnet, voire vers des modèles chinois comme Qwen — sans en informer le client, qui croit toujours interroger le modèle premium.

Anthropic renforce ses défenses, avec un succès limité

Anthropic a mis en place plusieurs contre-mesures : géoblocage strict, vérification par carte bancaire, contrôle d’identité biométrique avec selfie en direct, et interdiction des comptes détenus majoritairement par des entités chinoises. Selon l’analyse de ChinaTalk, ces mesures disposent déjà de contournements documentés. Les utilisateurs de ce marché gris incluraient des étudiants, des développeurs indépendants, des entreprises et même des laboratoires d’IA cherchant à distiller les capacités de Claude dans leurs propres modèles.

Ce phénomène illustre une tension plus large : plus un modèle frontière comme Claude devient une référence pour construire d’autres IA, plus la pression pour y accéder à moindre coût — légalement ou non — augmente. Détails complets dans l’analyse de The Decoder, qui relaie les travaux de ChinaTalk.

Qu’est-ce que le marché gris Claude en Chine ?

Un réseau de « stations de transfert » qui revend l’accès aux modèles Claude d’Anthropic à environ 10 % du prix officiel, en contournant le géoblocage.

Comment les vendeurs obtiennent-ils l’accès à Claude ?

En créant massivement des comptes, en exploitant les crédits gratuits et les réductions entreprise, ou en utilisant de fausses identités générées par IA.

Anthropic a-t-il réagi ?

Oui, avec du géoblocage, une vérification biométrique et l’interdiction des comptes liés à des entités chinoises, mais ces mesures ont déjà des contournements documentés selon ChinaTalk.

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