L’équipe AlphaFold de Google DeepMind n’existe plus en tant que structure dédiée. Selon une enquête du Financial Times relayée le 29 juillet 2026, la majorité des chercheurs à l’origine du système de prédiction de structures protéiques ont été réaffectés au cours de l’année écoulée à d’autres projets internes — et plusieurs figures clés, dont le lauréat du prix Nobel de chimie John Jumper, ont quitté l’entreprise pour rejoindre Anthropic.
Une dispersion progressive plutôt qu’une fermeture brutale
D’après le Financial Times, les chercheurs restés chez DeepMind ont été redéployés vers des projets aussi variés que Gemini, la conception d’enzymes, la fusion nucléaire ou la génomique. Près d’un quart des auteurs à temps plein du projet AlphaFold ont, eux, quitté l’entreprise. Parmi les départs les plus notables figurent John Jumper — vice-président et engineering fellow chez DeepMind, corécompensé du prix Nobel de chimie 2024 pour ses travaux sur la prédiction de structures protéiques — ainsi que ses collègues historiques Jonas Adler et Alexander Pritzel. Les trois chercheurs rejoignent Anthropic.
Un changement de cap stratégique pour DeepMind
Ce mouvement marque, selon le Financial Times, un infléchissement de la stratégie historique de DeepMind, longtemps organisée autour de défis scientifiques de long terme comme celui résolu par AlphaFold, dont les prédictions de structures protéiques ont depuis été mises à la disposition de la recherche académique mondiale. L’entreprise oriente désormais davantage de ressources vers la construction de systèmes fondés sur Gemini destinés à assister les scientifiques dans leurs travaux, tout en cherchant à rivaliser avec OpenAI et Anthropic sur le terrain des agents IA de pointe.
Pourquoi Anthropic attire ces profils
Le recrutement de chercheurs aussi reconnus illustre la compétition intense que se livrent les laboratoires IA pour les talents en recherche fondamentale, un phénomène déjà observé avec des transferts similaires entre grands acteurs du secteur ces derniers mois. Pour Anthropic, l’arrivée de figures fondatrices d’AlphaFold pourrait renforcer ses ambitions dans l’IA appliquée aux sciences, un axe que l’entreprise a déjà mis en avant via son fonds de recherche dédié aux futurs économiques et scientifiques de l’IA.
Ce que ça change pour la recherche en biologie IA
Le signal envoyé dépasse le cas d’AlphaFold : il traduit un rééquilibrage plus large des priorités chez les grands laboratoires, où les projets scientifiques de très long terme doivent désormais coexister avec la course aux agents IA commerciaux. Reste à savoir si la dispersion de l’équipe originelle ralentira le rythme des avancées en biologie computationnelle, ou si les projets qui ont hérité de ces chercheurs — enzymes, génomique, fusion — prendront simplement le relais sous une autre bannière.
Qu’est-ce qu’AlphaFold ?
AlphaFold est le système d’IA de Google DeepMind capable de prédire la structure tridimensionnelle des protéines, une avancée qui a valu à ses créateurs le prix Nobel de chimie 2024.
L’équipe AlphaFold a-t-elle complètement disparu ?
La structure dédiée n’existe plus : la plupart des chercheurs ont été réaffectés à d’autres projets DeepMind (Gemini, enzymes, fusion nucléaire, génomique), et près d’un quart d’entre eux ont quitté l’entreprise.
Où vont les chercheurs qui partent ?
Les figures les plus connues, dont John Jumper, Jonas Adler et Alexander Pritzel, rejoignent Anthropic selon le Financial Times.
Source : The Decoder

