Une preuve Navier-Stokes en cours de finalisation est à l’origine d’une accusation publique contre OpenAI. Le mathématicien Tristan Buckmaster, professeur à l’université de New York (NYU), affirme que l’entreprise a eu connaissance de ses travaux avant leur publication et aurait ensuite fait pression pour évincer son co-auteur, employé chez Anthropic. OpenAI dément.
Un problème à un million de dollars
Le problème d’existence et de régularité de Navier-Stokes fait partie des sept problèmes du prix du Millénaire, dotés chacun d’une récompense d’un million de dollars par l’institut Clay. Tristan Buckmaster travaillait sur ce problème avec Levent Alpöge, mathématicien chez Anthropic, en s’appuyant notamment sur des outils d’IA pour explorer des pistes de démonstration.
Selon Buckmaster, cité par TechCrunch, « des informations sur notre avancée sont parvenues jusqu’à OpenAI ». Il affirme aussi que sa stratégie était peu suivie ailleurs : « presque personne d’autre à ma connaissance ne travaillait dessus ».
300 milliards de tokens après la fuite
D’après le récit de Buckmaster, OpenAI aurait engagé un effort de calcul massif après avoir eu vent de sa progression : environ 300 milliards de tokens, pour un coût de calcul estimé à 22,5 millions de dollars. L’entreprise aurait ensuite publié sa propre preuve complète peu après l’annonce du mathématicien, en suivant selon lui une approche méthodologique très proche de la sienne.
Buckmaster avait déposé des versions préliminaires de ses travaux sur Codex, l’outil de programmation assistée par IA d’OpenAI, ce qui pourrait expliquer comment l’information a circulé.
Des pressions pour retirer un co-auteur d’Anthropic
Le point le plus sensible de cette affaire concerne un chercheur d’OpenAI qui aurait tenté de convaincre Buckmaster de retirer Levent Alpöge de la liste des auteurs, en raison de son emploi chez Anthropic, concurrent direct d’OpenAI. Face au refus du mathématicien, des propos rapportés par TechCrunch auraient suivi, du type « pourquoi voudriez-vous ruiner votre carrière ? ».
OpenAI dément toute utilisation des données des utilisateurs pour orienter ses recherches, mais n’aurait pas répondu directement aux questions de Buckmaster sur l’entraînement de ses modèles, toujours selon son témoignage.
Ce que ça dit de la course aux preuves mathématiques par IA
Cette controverse survient alors qu’OpenAI communique activement sur les capacités de ses modèles à résoudre des problèmes mathématiques ouverts, avec la publication le même jour d’un billet intitulé « The Work Now Within Reach » sur son blog officiel. L’épisode illustre la tension croissante entre laboratoires d’IA lorsque les mêmes outils — Codex, agents de recherche, modèles de raisonnement — servent à la fois à assister des chercheurs indépendants et à alimenter la compétition entre entreprises concurrentes.
Ni OpenAI ni Anthropic n’ont publié de déclaration officielle détaillée sur cet épisode au moment de la publication. Plus de détails dans l’article de TechCrunch.
Qui accuse OpenAI dans cette affaire Navier-Stokes ?
Tristan Buckmaster, mathématicien professeur à l’université de New York (NYU), qui travaillait sur une preuve Navier-Stokes avec un co-auteur employé chez Anthropic.
Qu’est-ce que le problème de Navier-Stokes ?
C’est l’un des sept problèmes du prix du Millénaire de l’institut Clay, doté d’un million de dollars, portant sur l’existence et la régularité des solutions des équations de Navier-Stokes en mécanique des fluides.
Comment OpenAI a-t-elle répondu aux accusations ?
OpenAI dément avoir utilisé les données des utilisateurs pour orienter ses recherches, mais n’aurait pas répondu directement, selon Buckmaster, aux questions sur l’entraînement de ses modèles.

