OpenAI Navier-Stokes : l’entreprise affirme que l’un de ses modèles a résolu les équations de Navier-Stokes, l’un des sept problèmes du prix du millénaire dotés d’une récompense d’un million de dollars par l’institut Clay. Mais le mathématicien Tristan Buckmaster accuse OpenAI d’avoir utilisé des brouillons de recherche non publiés pour y parvenir, rapporte The Decoder.
Les accusations de Tristan Buckmaster
Buckmaster affirme qu’OpenAI a exploité des versions préliminaires de travaux qu’il menait avec son co-auteur Levent Alpöge, qui travaille chez Anthropic. Il accuse également l’entreprise d’avoir fait pression pour l’exclure, lui et son co-auteur, de la paternité des travaux, allant jusqu’à évoquer des conséquences sur leur carrière. Buckmaster qualifie la situation de « faute académique caractérisée » s’il s’avère que le modèle d’OpenAI a bien été entraîné sur leurs soumissions.
La version d’OpenAI
Le PDG d’OpenAI, Sam Altman, affirme que son équipe « a agi avec intégrité et générosité ». Selon lui, OpenAI aurait entendu des rumeurs selon lesquelles Anthropic était sur le point de résoudre le problème, ce qui aurait poussé l’entreprise à y consacrer des ressources en urgence. OpenAI reconnaît toutefois : « bien que cela soit improbable, nous ne pouvons pas exclure que des données dé-identifiées issues de leur usage de nos produits aient aidé à améliorer nos modèles. » Boaz Barak, employé d’OpenAI, conteste de son côté que le modèle ait eu besoin d’une aide extérieure pour aboutir. Sur la question de la coordination, Altman affirme qu’Alpöge « n’était pas disposé à discuter ou à coopérer » avec eux — une version qu’Alpöge conteste, disant qu’il aurait été prêt à collaborer et se souciait davantage de l’avancée de la science que d’une question de paternité.
Un débat qui dépasse le cas Navier-Stokes
Le mathématicien Terence Tao a averti que la simple rumeur qu’un laboratoire d’IA soit proche de résoudre un problème peut suffire à déclencher une mobilisation massive de ressources de calcul chez ses concurrents, au risque de décourager les chercheurs de partager leurs pistes de travail prometteuses et de fragiliser les traditions de la science ouverte. L’épisode relance ainsi la question de la confiance que les chercheurs peuvent accorder aux laboratoires d’IA lorsque leurs travaux non publiés circulent malgré eux dans l’écosystème de l’entraînement des modèles.
Cette polémique intervient alors qu’OpenAI multiplie les annonces de percées scientifiques attribuées à ses modèles, comme la récente collaboration entre GPT-5.6 Sol et une chercheuse du MIT sur des expériences de calcul quantique. Chaque nouvelle revendication de ce type expose désormais l’entreprise à un examen plus minutieux de la part de la communauté scientifique.
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Qu’est-ce que le problème de Navier-Stokes ?
C’est l’un des sept problèmes du prix du millénaire de l’institut Clay, doté d’une récompense d’un million de dollars, portant sur les équations qui décrivent le mouvement des fluides.
Qui accuse OpenAI de faute académique ?
Le mathématicien Tristan Buckmaster, qui affirme qu’OpenAI a utilisé des brouillons de recherche non publiés qu’il a rédigés avec son co-auteur Levent Alpöge.
OpenAI reconnaît-elle avoir utilisé ces travaux ?
L’entreprise dit ne pas pouvoir exclure que des données dé-identifiées issues de l’usage de ses produits aient contribué à l’amélioration de ses modèles, sans confirmer directement l’accusation.

