Des salariés d’OpenAI et d’Anthropic font circuler depuis quelques jours une pétition interne demandant à Washington de réguler le rythme du développement de l’intelligence artificielle, selon des informations rapportées par Bloomberg le 28 juillet 2026. Le texte, encore interne au moment du rapport, pourrait être rendu public dans les prochains jours.
Un appel à un mécanisme international de « pacing »
La pétition tient en une phrase centrale : « Le gouvernement américain devrait soutenir un effort international pour développer les outils techniques et de gouvernance nécessaires pour délibérément réguler le rythme du développement de l’IA de pointe. » L’idée n’est pas d’arrêter la recherche, mais de mettre en place des garde-fous partagés entre plusieurs pays pour éviter qu’un seul acteur n’accélère au point de rendre la technologie difficile à comprendre ou à contrôler — en particulier sur le sujet sensible de l’automatisation de la recherche en IA par l’IA elle-même.
Un risque assumé par les signataires
Selon Bloomberg, le document évoque « un risque réel » que les progrès de l’IA dépassent la capacité des humains à les suivre et à les encadrer. Ni le nombre exact de signataires, ni leurs noms n’ont été précisés à ce stade — l’article se contente de mentionner des employés des deux entreprises partageant la lettre avec leurs collègues.
Une position qui prolonge celle d’Anthropic
Le mouvement s’inscrit dans la continuité d’une piste évoquée en juin par Anthropic elle-même : la mise en place de mécanismes permettant aux gouvernements et aux développeurs de décider conjointement du moment où ralentir des travaux jugés potentiellement dangereux. Ni OpenAI ni Anthropic n’ont commenté officiellement cette pétition interne pour l’instant. L’information a été rapportée en premier par Bloomberg.
Un secteur loin d’être unanime sur la régulation
Cette initiative interne tranche avec la position affichée par une partie de l’industrie. Une vingtaine d’entreprises, dont Microsoft, Nvidia, Meta, IBM et Palantir, ont récemment demandé à Washington de ne pas réguler les modèles ouverts au point de les faire disparaître du marché américain. Ni OpenAI, ni Anthropic, ni Google, ni xAI n’avaient signé ce texte-là — une ligne de fracture qui recoupe assez nettement celle qui oppose aujourd’hui les partisans d’un développement le plus rapide possible à ceux qui réclament un mécanisme de ralentissement partagé.
Pourquoi ça compte
Que des employés de deux des laboratoires les plus en pointe demandent eux-mêmes un cadre pour réguler le rythme de leur propre secteur est un signal rare : ce ne sont pas des ONG ou des chercheurs extérieurs qui s’expriment, mais des salariés directement impliqués dans la course aux modèles frontière. Le timing n’est pas neutre non plus : la révélation intervient quelques heures après que le patron d’OpenAI, Sam Altman, a lui-même évoqué publiquement l’idée d’un ralentissement volontaire face aux risques de sécurité. Deux signaux distincts, venus de couches différentes des mêmes entreprises, qui pointent dans la même direction au même moment — et qui suggèrent que le débat sur la vitesse de développement de l’IA dépasse désormais largement les seules déclarations de façade.
Que demande exactement la pétition des employés d’OpenAI et Anthropic ?
Elle demande au gouvernement américain de soutenir un effort international pour créer des outils techniques et de gouvernance permettant de réguler le rythme du développement de l’IA de pointe.
La pétition a-t-elle été rendue publique ?
Au moment du rapport de Bloomberg le 28 juillet 2026, le texte circulait en interne chez OpenAI et Anthropic et pourrait être publié dans les jours suivants.
OpenAI et Anthropic ont-ils réagi officiellement ?
Non, aucune des deux entreprises n’avait commenté la pétition au moment de sa révélation par Bloomberg.
